Chers parents, ne croyez pas qu’un bulletin raconte l’avenir d’un enfant. Quelle illusion ! Ce n’est qu’une constellation de chiffres froids sur un écran, des étoiles figées qui prétendent résumer un ciel en mouvement. Un enfant n’est pas une moyenne : c’est un orage qui gronde, une forêt qui pousse, une lumière imprévisible. L’intelligence ne se laisse pas enfermer dans des cases numériques ; elle déborde, elle scintille, elle surprend. Et aucun logiciel n’a jamais su calculer l’éclat d’un génie en train d’éclore.
Balzac n’a pas eu le bac : trop occupé à inventer des destins plus vrais que nature. Baudelaire a échoué aux examens, mais il a réussi à faire pousser des Fleurs du Mal là où tout le monde ne voyait que des mauvaises herbes. Zola n’a jamais brandi de diplôme, mais il a brandi un « J’accuse » qui fit trembler les puissants plus qu’un conseil de discipline. Proust a trébuché devant son bac de philo, mais il a su retrouver le temps perdu, ce que même les meilleurs élèves n’ont jamais réussi à faire. Hugo, cancre solaire, a préféré rater l’école pour réussir l’éternité. Quant à Romain Gary et Jean Genet, ils ont montré qu’on pouvait sortir par la petite porte et finir dans les étoiles.
Alors quand vous ouvrirez Pronote, respirez, ce n’est pas la table des lois, c’est au mieux un bulletin météo : parfois nuages, parfois éclaircies. Rien de plus. Votre enfant ne vaut pas 8 en maths ni 12 en français : il vaut ses rêves, ses colères, ses silences habités, ses rires soudains. Il vaut ses chemins secrets, que ni notes ni appréciations ne sauront jamais cartographier.
Souvenez-vous : un zéro, c’est juste un cercle parfait, l’esquisse d’un soleil. Et les recalés d’hier sont souvent ceux qui, demain, inventeront la lumière.
Car les bulletins s’effacent, les fautes d’orthographe s’envolent et les œuvres, elles, brillent pour toujours.